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L 'article tant attendu – s'il en est... Cela pourrait paraître un sujet classique, déjà trop souvent traité. Pourtant, comme dit le proverbe, l'amour ne connaît ni passé ni avenir: il est toujours nouveau. Je voulais simplement parler de ma conception de l'amour, celle que je me suis forgée au fil des années – et des expériences ratées. Comme dit Jean-Louis Aubert dans une chanson qu'hélas je n'apprécie guère, il est le plus clair de notre temps et le plus obscur de nos tourments.
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Pour ma part, je pense que lorsque l'on rencontre une personne, quelle qu'elle soit, on sait déjà si on peut potentiellement être intéressé par elle ou non. Dans mon cas, il y a des gens que je connais dont je sais que jamais je ne pourrai les considérer autrement que comme des amis, car je ne suis aucunement attirée par eux. Parce qu'après tout, en règle générale, l'intérêt naît du premier coup d'½il, au sens propre. Le fait de connaître une personne change forcément le regard que l'on porte sur elle, mais je ne crois que moyennement à des gens qui se connaissent depuis très longtemps et qui un beau jour se réveillent en se rendant compte qu'elles ont des sentiments plus profonds. Enfin, c'est sûrement parce que les quelques cas de ce genre que j'ai pu connaître se sont déroulés de la façon suivante: l'un était intéressé par l'autre, qui au départ s'en fichait, mais la solitude (ou tout autre facteur) aidant, ils ont fini par se mettre ensemble. Je déteste ce genre de relation car dès le départ les deux 'partenaires' ne sont pas égaux en ce qui concerne leurs sentiments: on pourrait dire que la barque penche d'un côté. Cela dit, je crois que le bonheur éprouvé lors de l'aveu ou de la découverte de la réciprocité de l'amour ne peut être que décuplé si la personne convoitée a semblé inaccessible – ce qui ne signifie pas forcément qu'elle n'était pas intéressée, contrairement au cas cité précédemment.
Évidemment, je pense que la rencontre est importante mais elle ne fait pas tout: bien que pour ma part la première impression ait souvent été la bonne, on ne peut aucunement en faire une règle. Pour reparler d'Orgueil et préjugés, ce n'est pas parce que la première rencontre de Lizzy et Mr Darcy se passe plutôt mal qu'ils sont voués à se détester...
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D'un point de vue scientifique, l'amour est quelque chose d'atroce. D'abord, l'amour naît, en gros, de l'actionnement du circuit de la récompense, à l'aide de quelques petites hormones qui annihilent notre sens critique – pour ne pas voir les défauts de Juliette ou de Roméo, bien sûr. Il en résulte des phénomènes bizarres: les amoureux se souviennent plutôt de leurs points communs que de leurs différences, ils accordent leurs mouvements,... Chaque contact physique libère de l'ocytocine, l'hormone de l'attachement. Bref, on se retrouve pris au piège de la dépendance, ce qui n'est pas très réjouissant je trouve.
Je pense qu'il faut faire la différence entre être amoureux et aimer. Pour ce qui est du premier cas, j'aurais plutôt tendance à le décrire comme un état d'euphorie, de déconnexion par rapport à la réalité, enfin bref ce qui se produit dans les premiers temps de la relation amoureuse, quand on a l'impression d'être une dinde et qu'on s'en fout. L'amour, qui normalement devrait s'ensuivre, est un attachement plus profond, quelque chose qui vient de l'intérieur, et c'est pour cela que je pense que l'amour n'est pas qu'une question d'hormones. Au contraire, pour moi, l'amour, c'est l'ancrage du sentiment amoureux dans la réalité, la prise de conscience de ses sentiments et de l'engagement qu'ils impliquent si la relation se poursuit dans le temps. L'amour, c'est reconnaître ses sentiments et les assumer, voir que tout n'est pas parfait mais s'en accommoder. L'état amoureux est plutôt subi; l'amour inclut une part de choix, et c'est ce qui en fait toute la beauté. « C'est toi que j'ai choisi(e), en toute connaissance de cause ». La continuité de l'état amoureux, l'annihilation du sens critique en moins, le choix en plus. Et franchement, je trouve ça tellement beau d'avoir pleinement conscience de ce qui m'arrive...
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[ Him / Killing loneliness ]Memories, sharp as daggers
Pierce into the flesh of today
Suicide of love took away all that matters
And buried the remains in an unmarked grave in your heart
With the venimous kiss you gave me
I'm killing loneliness (Killing loneliness)
With the warmth of your arms you saved me,
Oh, I'm killing loneliness with you
I'm killing loneliness that turned my heart into a tomb
I'm killing loneliness
Nailed to the cross, together
As solitude begs us to stay
Disappear in the night, forever
And denounce the power of death over our souls and secret words are sent to start a war
With the venimous kiss you gave me
I'm killing loneliness (Killing loneliness)
With the warmth of your arms you saved me,
Oh, I'm killing loneliness with you
I'm killing loneliness that turned my heart into a tomb
I'm killing loneliness
Killing loneliness
With the venimous kiss you gave me
I'm killing loneliness (Killing loneliness)
With the warmth of your arms you saved me
Cette chanson est très intéressante car très réaliste. En effet, dans bien des cas, le dicton dit vrai: à la guerre comme en amour, tous les coups sont permis. Je trouve cela un peu affreux, parce que construire un amour sur n'importe quoi, ça donne souvent quelque chose de bancal – mais parfois ça marche. Dans cette chanson, il n'est précisément pas question d'amour. Parce que souvent, au fond, ce qu'on prend pour de l'amour n'en est pas forcément. Comme dit, une relation est un remède à la solitude. Et puis, on aime aimer, non? C'est agréable, comme état, d'un point de vue émotionnel comme d'un point de vue pratique. On est casé, tout est plié, pas de souci. Il y a des personnes qui arrivent bien à être avec des gens comme ça, des gens qui souvent les aiment vraiment, sans qu'elles leur rendent leurs sentiments. Personnellement, j'en suis incapable et d'ailleurs cela ne m'attire pas car, bravement (telle Lizzy dans le film que vous devinez ^^) je brave la solitude contre vents et marées et je refuse de faire semblant. Ce n'est pas forcément agréable tous les jours, mais c'est ainsi. Je conçois également qu'il existe des gens qui se sentent bien dans une relation sans qu'elle soit d'un romantique absolu. Mais bon, ça, c'est mon caractère, je suis et je reste une grande romantique.
Évidemment, il y a également un autre aspect: celui de l'amour physique. Le sexe sans amour, par exemple, est quelque chose que je conçois très bien mais qui, au final, ne m'attire pas tant que ça. Non que je trouve cela dégradant, mais l'intérêt m'en paraît simplement limité. Quelqu'un m'a confié un jour que c'était d'ailleurs assez compliqué à gérer, car l'un des deux participants finissait inévitablement par tomber amoureux (ah, la coquine d'ocytocine...). Et puis, ce qui rend le sexe intéressant, d'une certaine façon, c'est précisément l'amour. L'amour transforme quelque chose qui peut paraître bestial ou obscène (mais qui ne l'est pas forcément, là encore, il ne faut pas prendre tout ça au premier degré...) en l'expression sincère et pure d'un lien sentimental existant entre deux personnes. Il s'agit de l'incarnation en gestes et en actes de quelque chose de totalement abstrait et implicite, qui n'existe que dans le for intérieur de deux êtres distincts et différents.
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[ The Corrs / What can I do ]I haven't slept at all in days
It's been so long since we've talked
And I have been here many times
I just don't know what I'm doing wrong
What can I do to make you love me
What can I do to make you care
What can I say to make you feel this
What can I do to get you there
There's only so much I can take
And I just got to let it go
And who knows I might feel better
If I don't try and I don't hope
What can I do to make you love me
What can I do to make you care
What can I say to make you feel this
What can I do to get you there
No more waiting, no more aching
No more fighting, no more trying
Maybe there's nothing more to say
And in a funny way I'm calm
Because the power is not mine
I'm just gonna let it fly
What can I do to make you love me
What can I do to make you care
What can I say to make you feel this
What can I do to get you there
Love me...
On ne peut forcer personne à aimer, de même que l'on ne peut forcer personne à assumer ces sentiments. Aimer, c'est faire un don de soi, de sa liberté, de son temps; c'est se mettre en danger, savoir que l'on peut être blessé, que l'on est vulnérable. C'est ce que montre cette chanson, c'est pour cela que je l'ai choisie. L'amour peut donner des ailes mais également se révéler un lourd fardeau s'il n'est pas réciproque ou s'il y a eu rupture. Pendant longtemps j'ai pensé qu'il était préférable d'oublier tout ce qui concernait une relation si celle-ci n'avait pas marché. Je sais aujourd'hui que c'était idiot et contre-productif. Lorsque l'on a vécu quelque chose de ce genre avec quelqu'un, il fait partie de nous, il est inscrit dans notre histoire. Vouloir l'oublier, ce serait comme nier une partie de soi-même. Il faut simplement faire avec, que les sentiments soient toujours présents ou non, et se dire que ces souvenirs seront toujours là. Après, tout le problème réside dans la persistance de l'amour. Si on n'aime plus la personne en question, tout est plus facile, car les réminiscences sont froides, lointaines, et l'on est prêt à quelque chose d'autre. Si, en revanche, les sentiments sont intacts... Les souvenirs peuvent devenir une source d'alanguissement, de mélancolie, ce qui n'est jamais vraiment recommandé si l'on veut ne plus souffrir. Dans les deux cas, le temps est souvent le meilleur remède.
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Aimer, c'est la seule solution à la mort – apparemment. Je veux dire par là qu'il existe cinq phases de traversée de la mort (mises en évidence par une doctoresse suisse, Elisabeth Kübler-Ross): le déni, la colère, le marchandage, la dépression et enfin l'acceptation. Il a été montré que pour parvenir à accepter de mourir, le malade (puisqu'en général on observe cela chez les malades incurables) doit se sentir aimer inconditionnellement par ses proches – et leur rendre cet amour, bien entendu. L'amour est le sentiment transcendant par excellence: c'est à la fois un moyen et un but, et lorsque l'on aime, rien d'autre ne compte. Cet amour, c'est l'amour d'une personne comme l'amour pour sa famille, ou l'amour de quelque chose d'autre, une passion que l'on a pour quelque chose. Aimer, c'est ce qui compte le plus.
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